La Vendée, territoire aux multiples facettes, se révèle à travers ses villages pittoresques qui incarnent l'âme véritable de ce département français. Entre mer et bocage, ces petits joyaux architecturaux racontent l'histoire d'une région façonnée par ses traditions maritimes, agricoles et artisanales. Chaque village vendéen possède son identité propre : maisons basses aux façades blanches du littoral, demeures en granit du bocage, ou habitations sur pilotis du Marais poitevin. La richesse patrimoniale de ces communes se dévoile au détour d'une ruelle médiévale, face à un moulin restauré ou près d'un port de pêche traditionnel. La beauté de ces villages réside dans leur authenticité préservée , loin des circuits touristiques conventionnels, offrant aux visiteurs curieux des expériences immersives au cœur de la culture vendéenne.

Les incontournables villages vendéens au patrimoine historique exceptionnel

Le patrimoine historique de la Vendée se manifeste avec éclat dans plusieurs villages emblématiques qui ont su conserver leur caractère d'antan. Ces localités témoignent de périodes historiques variées, depuis le Moyen Âge jusqu'à la Renaissance, en passant par l'ère industrielle. Leur préservation exceptionnelle leur a valu des distinctions prestigieuses comme le label "Petites Cités de Caractère" qui récompense les efforts de conservation et de mise en valeur du patrimoine architectural. La singularité de ces villages réside dans leurs monuments historiques remarquablement entretenus, leurs remparts préservés et leurs édifices religieux chargés d'histoire. Explorer ces villages permet de remonter le temps et de s'immerger dans l'histoire mouvementée de la Vendée.

Vouvant et sa légendaire fée mélusine : exploration du village médiéval fortifié

Nichée au cœur du bocage vendéen, Vouvant fascine par son atmosphère médiévale préservée. Ce village fortifié, classé parmi les "Plus Beaux Villages de France", s'enorgueillit de remparts imposants datant du XIIe siècle qui encerclent ses ruelles pittoresques. L'emblème de Vouvant reste indiscutablement la tour Mélusine, seul vestige du château féodal construit selon la légende par la célèbre fée en une nuit. Cette tour de 28 mètres de hauteur offre une vue imprenable sur le paysage environnant et constitue un témoignage précieux de l'architecture défensive médiévale.

L'église romane Notre-Dame, avec son magnifique portail sculpté du XIIe siècle, représente un autre trésor patrimonial de Vouvant. Ses chapiteaux historiés et ses modillons racontent des récits bibliques et profanes qui émerveillent les passionnés d'art roman. Au détour des venelles pavées, les maisons à colombages et les demeures Renaissance témoignent de la prospérité passée de ce bourg fortifié.

Vouvant attire également de nombreux artistes contemporains, séduits par son charme pittoresque. Le village abrite ainsi plusieurs galeries et ateliers qui animent ses rues, notamment durant la saison estivale. Cette dimension artistique contemporaine dialogue harmonieusement avec le patrimoine historique, créant une atmosphère culturelle unique en Vendée.

Nieul-sur-l'autise et son abbaye royale classée aux monuments historiques

Nieul-sur-l'Autise se distingue par son abbaye royale Saint-Vincent, fondée au XIe siècle et classée Monument Historique. Cet ensemble monastique remarquablement préservé constitue l'un des joyaux de l'architecture romane en Vendée. Son cloître roman, unique spécimen intact dans l'Ouest de la France, impressionne par ses arcades finement sculptées et son ambiance méditative. La visite de l'abbaye permet d'admirer également sa façade à trois portails ornés de chapiteaux historiés, sa salle capitulaire et son réfectoire aux proportions harmonieuses.

L'histoire de cette abbaye est intimement liée à celle d'Aliénor d'Aquitaine qui lui accorda le statut royal en 1141. Ce privilège contribua grandement à la prospérité du monastère et à son rayonnement culturel durant plusieurs siècles. Aujourd'hui, des visites guidées immersives et des reconstitutions historiques permettent de plonger dans le quotidien des moines bénédictins qui habitaient ces lieux.

Autour de l'abbaye, le village conserve son caractère authentique avec ses maisons traditionnelles vendéennes en pierre calcaire. La rivière Autise qui traverse la commune offre des promenades bucoliques sous les frondaisons, tandis que le moulin à eau restauré témoigne des activités économiques traditionnelles qui rythmaient autrefois la vie locale.

Mallièvre, plus petit village de vendée et son architecture textile du XIXe siècle

Mallièvre porte fièrement le titre de plus petite commune de Vendée avec seulement 17 hectares de superficie. Ce minuscule village, perché sur un promontoire granitique surplombant la Sèvre Nantaise, séduit par sa cohérence architecturale exceptionnelle liée à son passé textile. Les maisons de tisserands, caractéristiques avec leurs caves-ateliers et leurs fenêtres hautes destinées à optimiser la lumière naturelle, constituent un ensemble patrimonial remarquablement préservé du XIXe siècle.

La particularité de Mallièvre réside dans son homogénéité architecturale, témoignage intact de l'industrie textile qui a façonné son identité pendant plusieurs siècles. Chaque pierre raconte l'histoire des générations de tisserands qui ont fait la renommée de ce village.

La Maison du Tisserand, musée local installé dans une ancienne demeure typique, permet de découvrir les techniques traditionnelles du tissage et les conditions de vie des artisans d'autrefois. Les démonstrations sur d'anciens métiers à tisser offrent une expérience immersive dans ce patrimoine immatériel. Le village entier constitue un véritable témoignage vivant de cette époque industrielle.

Les venelles étroites et les escaliers de granit qui serpentent entre les maisons aux façades soigneusement restaurées créent une atmosphère authentique. L'église Saint-Gilles, modeste mais charmante, domine ce paysage urbain à taille humaine. Depuis son promontoire, les vues sur la vallée de la Sèvre Nantaise sont spectaculaires et invitent à la contemplation.

Apremont et son château renaissance surplombant la vallée de la vie

Apremont séduit immédiatement par sa position stratégique sur un éperon rocheux dominant la vallée de la Vie. Ce village, labellisé "Petite Cité de Caractère", s'organise autour des vestiges imposants de son château Renaissance. Construit au début du XVIe siècle par Philippe Chabot, amiral de France et proche de François Ier, ce château témoigne de l'influence italienne dans l'architecture française de cette époque. Ses tours majestueuses et ses douves sèches impressionnent toujours les visiteurs contemporains.

L'église Saint-Martin, située à proximité immédiate du château, présente un ensemble architectural harmonieux avec son clocher caractéristique. À l'intérieur, plusieurs œuvres d'art remarquables méritent le détour, notamment des statues polychromes et des boiseries finement travaillées. Le cimetière adjacent, avec ses tombes anciennes, ajoute à l'atmosphère historique du lieu.

En contrebas du village, le barrage d'Apremont, construit en 1966, forme un lac artificiel de 167 hectares qui contribue aujourd'hui à l'attrait touristique de la commune. Ce plan d'eau offre un contraste saisissant avec le patrimoine bâti et permet de nombreuses activités récréatives comme la baignade, la voile ou la pêche. Les circuits de randonnée autour du lac permettent d'apprécier la diversité des paysages et de découvrir le patrimoine rural environnant, comme les anciens moulins à eau.

Villages côtiers vendéens entre traditions maritimes et architecture locale

La façade atlantique vendéenne abrite des villages côtiers au caractère maritime affirmé. Ces localités, façonnées par des siècles d'activités liées à la mer, présentent une architecture spécifique adaptée aux conditions climatiques parfois rudes du littoral. Maisons basses aux murs épais blanchis à la chaux, ruelles étroites pour se protéger des vents dominants, ports nichés dans des criques abritées - chaque élément architectural répond à une nécessité pratique tout en créant un ensemble esthétique distinctif. Ces villages côtiers perpétuent également des traditions maritimes ancestrales comme la pêche artisanale, la construction navale traditionnelle ou l'ostréiculture. Le patrimoine immatériel s'y manifeste à travers les fêtes locales, les rituels liés à la mer et les savoir-faire transmis de génération en génération.

L'île d'yeu et le charme préservé de Port-Joinville et ses maisons de pêcheurs

L'Île d'Yeu, joyau insulaire situé à 17 kilomètres des côtes vendéennes, constitue un territoire à part entière où le temps semble s'écouler différemment. Port-Joinville, principal bourg de l'île, séduit par son authenticité préservée et son animation permanente. Les maisons de pêcheurs traditionnelles, aux façades blanchies à la chaux et aux volets peints dans des tons pastel, créent un paysage urbain harmonieux qui évoque davantage les Cyclades grecques que l'Atlantique français.

L'activité portuaire reste dynamique avec ses chalutiers colorés qui débarquent quotidiennement leur pêche, perpétuant une tradition maritime séculaire. Les étals de poissons frais animent les quais et approvisionnent les restaurants locaux qui proposent une cuisine de mer savoureuse et authentique. La conserverie artisanale La Perle des Dieux perpétue quant à elle le savoir-faire traditionnel de préparation des sardines et du thon.

Au-delà de Port-Joinville, l'île recèle des trésors architecturaux comme le pittoresque port de La Meule, niché dans une crique protégée, ou le village de Saint-Sauveur avec son église romane. Les petits hameaux disséminés sur l'île, comme La Croix ou Ker Châlon, conservent leur caractère authentique avec leurs ruelles étroites et leurs maisons basses traditionnelles aux jardins fleuris de roses trémières.

Sallertaine, ancien port insulaire devenu village d'artisans dans le marais breton

Sallertaine présente la particularité d'avoir été une île au cœur du Marais breton avant les travaux d'assèchement entrepris au XVIIe siècle. Cette ancienne insularité explique la position surélevée du bourg historique, aujourd'hui visible comme un promontoire dominant les terres plates environnantes. Le village s'est développé autour de son église romane Saint-Martin, dont la voûte en coupole nervurée constitue un chef-d'œuvre architectural unique en Vendée.

Depuis quelques décennies, Sallertaine s'est réinventé comme un village d'artisans d'art. Plus de 40 créateurs y ont installé leurs ateliers, principalement dans le quartier de l'Île aux Artisans, redonnant vie aux anciennes bâtisses. Potiers, céramistes, peintres, sculpteurs, verriers ou encore créateurs textiles proposent leurs œuvres originales et ouvrent leurs ateliers aux visiteurs. Cette concentration exceptionnelle d'artisans crée une atmosphère créative unique en Vendée.

Le paysage environnant, caractéristique du Marais breton, offre un réseau de canaux et d'étiers navigables qui peut être exploré en barque traditionnelle. Ces promenades permettent de découvrir l'habitat traditionnel maraîchin, les bourines , ces maisons basses aux murs de terre et aux toits de roseaux parfaitement adaptées à l'environnement humide du marais.

La guittière à Talmont-Saint-Hilaire : hameau ostréicole traditionnel aux cabanes typiques

Le hameau de La Guittière, rattaché à la commune de Talmont-Saint-Hilaire, constitue l'un des sites ostréicoles les plus authentiques de Vendée. Ce petit port niché au fond du chenal du Payré conserve son caractère traditionnel avec ses cabanes en bois aux toits de tuiles qui s'alignent le long de l'eau. Ces constructions simples, initialement conçues comme outils de travail pour les ostréiculteurs, forment aujourd'hui un ensemble patrimonial remarquable qui témoigne d'un mode de vie lié à l'exploitation des ressources maritimes.

L'huître de La Guittière, reconnue pour sa qualité exceptionnelle, bénéficie d'un environnement naturel préservé et d'un savoir-faire ancestral. Plusieurs exploitations familiales perpétuent la tradition ostréicole et proposent des dégustations directement sur place, face aux bassins et aux parcs. Cette expérience gastronomique authentique permet de comprendre l'ensemble du processus d'élevage de ces mollusques prisés.

Autour du hameau, les marais salants restaurés témoignent d'une autre activité traditionnelle du littoral vendéen. Des sauniers passionnés y produisent à nouveau du sel selon des méthodes artisanales, perpétuant un savoir-faire vieux de plusieurs siècles. La cohabitation de ces activités traditionnelles crée un paysage culturel unique et vivant, où patrimoine naturel et activités humaines se complètent harmonieusement.

Saint-gilles-croix-de-vie : architecture balnéaire et traditions de pêche à la sardine

Saint-Gilles-Croix-de-Vie, née de la fusion de deux communes en 1967, présente une dualité architecturale fascinante. Le quartier de Saint-Gilles, avec ses ruelles étroites et ses maisons de pêcheurs traditionnelles, contraste avec celui de Croix-de-Vie et ses élégantes villas balnéaires du début du XXe siècle. Cette diversité témoigne de l'évolution historique de la commune, passée d'un simple port de pêche à une station balnéaire prisée tout en conservant son activité maritime.

Le port de pêche, toujours en activ

ité, apporte une animation constante avec le va-et-vient des chalutiers et le spectacle quotidien de la criée. La commune est particulièrement reconnue pour sa pêche à la sardine, tradition qui remonte au XIXe siècle. La conserverie "La Perle des Dieux", fondée en 1887, perpétue le savoir-faire traditionnel de préparation de ce poisson emblématique et propose des visites qui permettent de découvrir les techniques artisanales de conservation.

L'architecture balnéaire de la Belle Époque se manifeste particulièrement dans le quartier de Boisvinet, avec ses villas cossues aux façades ornementées et aux jardins luxuriants. Ces demeures de villégiature, construites principalement entre 1880 et 1930, témoignent de l'engouement des classes aisées pour les bains de mer. Leur éclectisme architectural, mêlant influences néo-normandes, Art nouveau et régionalistes, compose un paysage urbain original qui mérite une promenade attentive.

Le front de mer, avec sa grande plage et sa promenade aménagée, constitue le cœur battant de la station en période estivale. Les cabines de plage aux couleurs vives, alignées face à l'océan, ajoutent une touche pittoresque à ce paysage maritime. Le phare, construit en 1852, veille sur l'entrée du port et offre aux visiteurs qui gravissent ses 105 marches une vue panoramique exceptionnelle sur la baie et la ville.

Le bocage vendéen : villages authentiques au cœur des paysages ruraux

L'intérieur des terres vendéennes dessine un paysage caractéristique de bocage où s'épanouissent des villages préservés, témoins d'un mode de vie rural ancestral. Ce territoire vallonné, structuré par un réseau dense de haies vives, de chemins creux et de petits cours d'eau, abrite un patrimoine architectural vernaculaire d'une grande cohérence. Les maisons traditionnelles en granite local, aux volumes simples et aux toitures de tuiles canal, s'intègrent harmonieusement dans ce paysage façonné par des siècles de pratiques agricoles.

Ces villages du bocage vendéen se distinguent par leur organisation spatiale autour d'éléments patrimoniaux forts comme l'église, souvent romane, le château ou les halles de marché. Les places centrales, généralement plantées de tilleuls ou de marronniers centenaires, constituent des lieux de sociabilité importants où se tiennent marchés et fêtes traditionnelles. L'authenticité de ces villages réside également dans la persistance de savoir-faire artisanaux comme la poterie, la forge ou la vannerie, ainsi que dans le maintien de traditions agricoles ancestrales.

Pouzauges et son moulin à vent du terrier marteau entièrement restauré

Perchée sur une colline à 245 mètres d'altitude, Pouzauges offre un panorama exceptionnel sur le bocage vendéen environnant. Cette cité médiévale, labellisée "Petite Cité de Caractère", s'articule autour des vestiges imposants de son château féodal du XIe siècle dont le donjon carré domine toujours fièrement la ville. Les remparts partiellement conservés et les maisons anciennes aux façades de granite créent une atmosphère authentique qui invite à la flânerie à travers les ruelles escarpées.

Le moulin à vent du Terrier Marteau constitue l'un des joyaux patrimoniaux de Pouzauges. Construit en 1728 et entièrement restauré à la fin du XXe siècle, ce moulin-tour en pierre est aujourd'hui parfaitement fonctionnel. Ses ailes impressionnantes de 24 mètres d'envergure tournent à nouveau pour moudre le grain comme autrefois. Les visites guidées permettent de découvrir le mécanisme complexe du moulin et d'observer le travail minutieux du meunier qui perpétue des gestes ancestraux.

L'église Notre-Dame-du-Vieux-Pouzauges, classée Monument Historique, mérite également le détour. Cet édifice roman du XIIe siècle recèle des trésors artistiques remarquables, notamment des fresques médiévales récemment restaurées. Le jardin médiéval aménagé à proximité offre une agréable halte bucolique avec ses parterres de plantes aromatiques, médicinales et tinctoriales organisés selon les principes des jardins monastiques médiévaux.

Saint-michel-mont-mercure, point culminant de vendée et son église néogothique

Saint-Michel-Mont-Mercure se distingue d'abord par sa situation géographique exceptionnelle, au sommet du point culminant de la Vendée à 290 mètres d'altitude. Cette position stratégique offre des panoramas spectaculaires sur le bocage environnant et permet, par temps clair, d'apercevoir jusqu'à 80 kilomètres à la ronde. Le nom même de la commune évoque cette particularité topographique, associant Saint Michel, traditionnellement vénéré sur les hauteurs, et Mont Mercure, référence à une probable occupation gallo-romaine.

L'église néogothique, construite entre 1876 et 1883 sur les plans de l'architecte Léon Faucheux, impressionne par ses dimensions imposantes qui en font l'un des plus grands édifices religieux du département. Son clocher-porche élancé, culminant à 56 mètres, constitue un repère visuel incontournable dans le paysage environnant. L'intérieur, baigné de lumière grâce aux grandes verrières, présente un mobilier néogothique cohérent, notamment des stalles finement sculptées et un maître-autel monumental.

Autour de l'église s'organise le bourg aux maisons traditionnelles en granite du bocage. La place centrale, avec son tilleul séculaire et sa croix hosannière, conserve son caractère authentique et accueille régulièrement le marché hebdomadaire. À proximité, le moulin à vent du XVIIIe siècle, récemment restauré, témoigne des activités économiques traditionnelles qui rythmaient autrefois la vie rurale de cette commune perchée sur les hauteurs vendéennes.

Mouchamps, village natal de georges clemenceau aux maisons en granite

Mouchamps, petite cité de caractère nichée dans le bocage vendéen, se distingue par son architecture homogène en granite local. Les demeures bourgeoises aux élégantes façades ordonnancées côtoient des maisons plus modestes mais tout aussi soignées dans leurs détails architecturaux. Cet ensemble cohérent témoigne de la prospérité passée de ce bourg, notamment liée à l'industrie textile qui s'y développa du XVIIe au XIXe siècle. La présence importante de la communauté protestante a également influencé l'architecture locale, plus sobre et épurée que dans d'autres villages vendéens.

Le village s'enorgueillit d'être le berceau de la famille Clemenceau. Si Georges Clemenceau, le célèbre "Tigre", est né à Mouilleron-en-Pareds, sa famille paternelle est originaire de Mouchamps où le domaine du Colombier demeure un lieu de mémoire important. Le cimetière protestant abrite d'ailleurs la tombe de Georges Clemenceau, qui choisit d'y être inhumé en 1929 aux côtés de son père, dans la plus grande simplicité. Un petit musée évoque la vie et l'œuvre de cette figure majeure de la Troisième République.

Le village de Mouchamps incarne parfaitement cette Vendée méconnue, à la fois austère et attachante, où la pierre granitique et les paysages verdoyants composent un tableau d'une beauté discrète mais profonde, à l'image du caractère vendéen.

L'église romane Saint-Pierre-et-Saint-Paul, partiellement reconstruite au XVe siècle, présente un intéressant mélange de styles architecturaux. Son clocher-porche massif, caractéristique de l'architecture religieuse vendéenne, domine le bourg. À proximité, le temple protestant, édifié en 1829, témoigne de l'importance historique de cette communauté religieuse dans la région. Sa simplicité architecturale contraste avec l'ornementation de l'église catholique, illustrant deux expressions distinctes de la spiritualité.

Les épesses et le grand parc du puy du fou, vitrine vivante du patrimoine vendéen

Le village des Épesses, situé au cœur du bocage vendéen, constitue un point d'accès privilégié au célèbre parc du Puy du Fou. Ce bourg authentique, avec son église Saint-Pierre aux origines romanes, mérite cependant une visite pour lui-même. Ses maisons traditionnelles en granite, ses commerces de proximité et son ambiance paisible offrent un contrepoint intéressant à l'effervescence du parc voisin. La municipalité a su préserver le caractère rural du village tout en adaptant ses infrastructures à l'afflux touristique généré par le Puy du Fou.

Le Grand Parc du Puy du Fou représente bien plus qu'un simple parc d'attractions. Fondé en 1978 par Philippe de Villiers, il s'est développé comme une véritable vitrine du patrimoine vendéen et de l'histoire régionale. Les spectacles grandioses, comme la Cinéscénie qui mobilise plus de 4 000 bénévoles, mettent en scène l'histoire locale à travers des reconstitutions spectaculaires qui allient prouesses techniques et respect des traditions. Les villages reconstitués — médiéval, XVIIIe siècle ou 1900 — présentent avec minutie l'architecture et les savoir-faire traditionnels de la région.

Au-delà du divertissement, le Puy du Fou joue un rôle essentiel dans la conservation et la transmission de compétences artisanales en voie de disparition. Les ateliers du parc emploient des tailleurs de pierre, forgerons, tisserands, vanniers ou potiers qui perpétuent des techniques ancestrales et contribuent à la formation de nouveaux artisans. Cette dimension pédagogique, moins visible que les spectacles mais tout aussi importante, fait du parc un acteur majeur de la préservation du patrimoine immatériel vendéen.

Trésors cachés du marais poitevin en vendée

La partie vendéenne du Marais poitevin, souvent éclipsée par la célèbre "Venise Verte" des Deux-Sèvres, recèle pourtant des villages d'une beauté singulière et d'un intérêt historique majeur. Ce territoire façonné par l'homme depuis le Moyen Âge présente une diversité paysagère remarquable entre marais mouillés aux canaux ombragés et marais desséchés aux horizons dégagés. L'habitat traditionnel s'y est adapté aux contraintes hydrographiques, donnant naissance à une architecture vernaculaire spécifique, caractérisée par l'utilisation de la pierre calcaire et l'orientation stratégique des bâtiments.

Ces villages maraîchins, souvent construits sur d'anciennes îles calcaires émergeant des zones humides, témoignent de l'histoire complexe de l'aménagement du marais. Ils racontent l'épopée des moines défricheurs médiévaux, le rôle des ingénieurs hollandais au XVIIe siècle et l'adaptation constante des populations locales à cet environnement particulier. La dimension culturelle de ces villages se manifeste également à travers des traditions spécifiques liées à la navigation en plate (embarcation traditionnelle à fond plat), à la pêche en eau douce ou à l'exploitation des ressources végétales comme le frêne têtard.

Maillezais et ses vestiges d'abbaye, ancienne île fortifiée du golfe des pictons

Maillezais occupe une position stratégique sur une ancienne île calcaire qui dominait autrefois le Golfe des Pictons, vaste baie intérieure aujourd'hui comblée et transformée en marais. Cette situation privilégiée explique l'implantation dès 1010 d'une puissante abbaye bénédictine qui devint rapidement l'un des principaux centres religieux et culturels de la région. Les vestiges impressionnants de cette abbaye, classés Monument Historique, témoignent encore de la grandeur passée de cet ensemble monastique qui accueillit notamment François Rabelais au XVIe siècle.

L'exploration des ruines de l'abbaye permet d'admirer la nef romane partiellement conservée, le réfectoire gothique aux élégantes ogives et les restes du logis abbatial Renaissance. Le système hydraulique mis en place par les moines pour gérer les eaux du marais constitue un exemple remarquable d'ingénierie médiévale. Des visites guidées éclairent le rôle fondamental joué par cette communauté monastique dans l'aménagement du Marais poitevin, véritable œuvre collective de mise en valeur d'un territoire hostile.

Le village actuel, développé autour de l'abbaye, conserve plusieurs édifices historiques intéressants, notamment d'anciennes demeures canoniales et de belles maisons bourgeoises en pierre calcaire. L'église Saint-Nicolas, reconstruite au XIXe siècle, abrite un mobilier remarquable provenant partiellement de l'ancienne abbaye. La place du marché, avec ses halles traditionnelles en charpente de chêne, constitue toujours le cœur battant de cette cité historique qui fut même siège épiscopal entre 1317 et 1648.

Le mazeau et ses parcours nautiques traditionnels en plate maraîchine

Le Mazeau, petit village pittoresque au cœur du marais mouillé vendéen, représente l'une des portes d'entrée les plus authentiques vers la "Venise Verte". Contrairement à d'autres sites plus touristiques, Le Mazeau a su préserver son caractère traditionnel et son rythme de vie paisible. Les maisons maraîchines typiques, aux murs de pierre calcaire blanchie à la chaux et aux toits de tuiles canal, s'alignent le long des conches (canaux) selon une organisation spatiale directement dictée par la présence de l'eau.

La découverte du marais en plate maraîchine constitue l'expérience emblématique à vivre au Mazeau. Ces embarcations traditionnelles à fond plat, autrefois outils de travail quotidien des habitants, permettent aujourd'hui aux visiteurs d'explorer le labyrinthe aquatique sous la conduite de bateliers locaux. Ces derniers, dépositaires d'un savoir-faire ancestral, manient avec dextérité la pigouille (perche) et partagent leur connaissance intime du marais,